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Connaissance & Partage

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Petites chroniques naturalistes

Les oiseaux communs sont-ils toujours communs?

Connaissance & Partage

Par: Lisa Garnier

Pouillot siffleur © Frédéric Jiguet | MNHN

Le 28 septembre 2016, l’Inventaire national du Patrimoine naturel rendait public avec le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature la mise à jour de la Liste rouge nationale des oiseaux nicheurs sur leterritoire métropolitain (ici). L’information est presque passée inaperçue.

Chardonneret élégant © J. Laignel | INPN-MNHN

Alerte !

Pourtant, peut-être faut-il le clamer haut et fort : dans cette liste, il y a désormais des espèces communes. Commun au sens du petit Larousse c’est ce qui n’est pas rare, ce que l’on rencontre fréquemment ; abondant ou habituel,répandu, ordinaire, courant.

Linotte mélodieuse mâle © Frédéric Jiguet | MNHN

De commun à vulnérable

Linottes mélodieuse, Chardonnerets élégant, Verdiers d’Europe, Bouvreuils pivoine, Bruants jaune et Serins cini, ces espèces dites communes dont les tendances sont chaque année mises à jour grâce au Suivi temporel des oiseauxcommuns (STOC), portent désormais l’appellation « Vulnérables » à l'extinction. Cherchez le paradoxe !

Les granivores disparaissent en nombre

« Toutes les espèces de granivores sont touchées » m’a dit Frédéric Jiguet, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle ayant participé à cette mise à jour de la Listerouge. « Elles ont subi 10 à 12 années catastrophiques. Le Moineau friquet a perdu 60 % de ses effectifs, le Chardonneret et le le Verdier un tiers en dix ans !  »

Moineau friquet © J. Comolet-Tirman | INPN-MNHN

 

Des tendances qui se vérifient

« En 2008, dans la première Liste rouge qui a été constituée, certaines espèces montraient déjà des tendances négatives mais nous n’avions pas encore assez de recul avecle nouveau protocole STOC pour en être totalement sûrs. »

Comment imaginer l’impensable ?

« Et puis intégrer à la Liste rouge des espèces communes posait un véritable problème pour les experts. Je rappelle que parmi les experts sont représentés entre autres la Ligue pour la protection des oiseauxla Société d’étudesornithologiques de France et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage en plus du Muséum. »

Pouillot siffleur © J. Laignel | INPN-MNHN

Les passereaux dispersent peu

« Certains pensaient que des milliers d'oiseaux ne risquaient pas de s'éteindre. Surtout si l’on prenait en compte les populations de ces espèces dans les pays voisins. Elles pourraient toujours revenir en France. Cependant, les passereaux dispersent sur de petites distances. Le pouillot siffleur, c’est seulement entre deux à quatre kilomètres, par exemple. Alors la recolonisation de son territoire ne se fait pas du jour au lendemain et certainement pas depuis l’extérieur de nos frontières ! »

Linottes mélodieuses © Dave Appleton | Flickr

En hiver, il n’y a plus rien à manger

« Désormais, on a quinze ans de recul avec le STOC et les Atlas des oiseaux nicheurs permettent de faire des comparaisons des aires de répartition des espèces. Lors de cette année de travail, nous nous sommes accordés pour montrer du doigt l’intensification des pratiques agricoles et la régression des prairies naturelles comme les principales causes du déclin de ces passereaux. Les chaumes hivernaux et les adventices disparaissent au profit de cultures intercalaires (détruites au printemps avec de nouveaux traitements herbicides), qui n’apportent pas les graines nécessaires à l’alimentation des granivores en hiver ». Relire aussi Alouette où es-tu ? ici.

« Mais ce qu’il y a de plus inquiétant encore, c’est lorsque l'on ne sait pas pourquoi les populations disparaissent : comme c’est le cas pour la Fauvette pitchou. De « Préoccupation mineure », elle est directement passée à « en danger » ayant perdu plus de la moitié de ses effectifs même en région méditerranéenne ! »

Fauvette pitchou © F. Jiguet | INPN

Les campagnes se vident. Cela ne doit pas passer inaperçu.